Bien le bonjour, comment allons-nous aujourd’hui ?
Le premier tournoi officiel sur TableTop Simulator (TTS) de l’histoire de la communauté française MESBG s’est déroulé de février à avril cette année – le second vient de se conclure – et vu la croissance rapide et continue du Discord dédié, créé et animé par l’ami Charby (bravo à lui!), un *petit* article sur le sujet pourrait intéresser les personnes de culture que vous êtes.
Je vais en profiter pour parler un peu de TTS en lui-même, faire un retour sur les différentes parties de mon premier tournoi officiel, partager quelques remarques de débutant du monde compétitif et apporter quelques éclaircissements par rapport à la mise en pratique de mon premier article, car évidemment, j’ai joué Khazad-dûm.
Première édition
Commençons par remercier chaleureusement Charby et El Choco pour l’organisation de cette première édition, pour la clarté de leurs annonces, leur disponibilité pendant deux mois pour répondre aux besoins et gérer le bazar, et juste leur investissement et leur gentillesse en fait !
Pour ceux qui souhaitent découvrir le règlement et les résultats, c’est par ici : https://mesbg-army-tracker.com/fr/tournois/la-joute-du-poney-fringant-premiere-edition
Deux remarques me viennent par rapport à cette admirable organisation.
1) Le fait de connaître à l’avance la carte, son adversaire et sa liste, et la pool de scénario peut être à double tranchant. D’un côté, ça permet à des débutants comme moi de revoir les profils et bonus adverses tout en essayant de réfléchir à la meilleure façon de jouer la partie à venir. D’un autre, si anticipation il y a eu, il est possible d’y perdre en flexibilité si la situation se présente et/ou évolue d’une façon inattendue.
2) Pour le système de ban, c’est un peu pareil. Les joueurs plus expérimentés ont sans doute un léger avantage car ils connaissent bien les scénarios et savent ce que leur armée peut ou ne peut pas jouer efficacement. Mais le seul véritable point à noter avec ce système est qu’en enlevant une partie de l’aléatoire du scénario joué, les plus « extrêmes », c’est-à-dire ceux qui favorisent vraiment certaines listes selon les builds (combat, mobilité, gros héros, horde…), ne sont pas beaucoup joués, car bannis par l’un ou l’autre des joueurs. En gros, cela signifie que vous ne jouerez probablement que des scénarios « moyens » par rapport aux possibilités des deux listes qui s’affrontent, il y a peu de chances de jouer un scénario soit très favorable soit très défavorable (même si ça peut arriver quand un joueur n’est pas encore solide sur ses appuis, j’en suis la preuve, et Neow peut en attester).
Tournoi TTS
Bon, je ne vais pas trop m’attarder sur ce point, mais je dois quand même dire que TTS est plutôt cool ! J’avais téléchargé et testé Vassal, j’ai conscience du travail nécessaire pour le proposer à la communauté et j’affirme ici tout mon respect envers celles et ceux qui font vivre MESBG en France de quelque manière que ce soit, mais le logiciel lui-même ne peut pas rivaliser avec TTS pour une simple raison : la 3D.
Évidemment que ce n’est pas aussi bien que de jouer en personne avec les adorables passionnés que nous sommes, avec figurines et décors peints avec amour, mais les raisons de vous laisser tenter par l’expérience sont nombreuses : jouer plus souvent (si c’est un problème pour vous aussi de pouvoir le faire régulièrement), tester des armées et/ou figurines que vous ne possédez pas (ou que vous avez honte de montrer à quiconque, ça arrive…), affronter des adversaires aussi divers que sympathiques, faire ses armes sur de nouveaux décors…
Et cerise sur le gâteau, la prise en main est vraiment très simple, même quand les ordinateurs ne sont pas vos amis ! Là encore, le rutilant Charby a fait un travail admirable pour rendre accessibles les premiers pas, c’est par ici : https://www.youtube.com/@MesbgTTSFrance
From Khazad-dûm, with love
Je ne me souviens plus vraiment de la date, mais vers le début des années 2000, j’ai découvert ce qui n’était alors que le Jeu de Bataille du SDA lorsque le supplément « L’Ombre et la Flamme » est sorti, ainsi que les premiers Nains, et je n’ai jamais été déloyal à ses premières amours, ne m’éloignant que très relativement et très récemment avec une liste Bataille des Cinq Armées, très tournée Nains tout de même.
Le choix du Royaume de Khazad-dûm pour mon premier tournoi était donc tout naturel.
Mais la composition de la liste ne l’était pas. Ma raison me disait que Durin coûte trop cher à 600 points, mais mon cœur me disait que je ne pouvais pas jouer mon premier tournoi sans lui ; donc Durin. Et puis, à ce format, il y avait moins de chances qu’il rencontre d’énormes menaces, n’est-ce pas ?
Et il y avait encore quelques points d’hésitation : deux Capitaines ou un Roi Nain, bannière ou pas, quelles unités d’élite ? Nous verrons que l’expérience est excellente pour la réflexion.
Ronde 2 vs WoLoWiZarD (Sanctuaires de Pouvoir)
Comme le format du tournoi le permettait, j’ai commencé par affronter mon adversaire du second tour avec sa Bataille des Cinq Armées composée de deux troupes, avec Dain monté et Legolas à leurs têtes.
Je dois avouer que je suis peut-être parti un peu trop confiant : le match-up ne me paraissait pas horrible, le scénario me semblait plutôt à mon avantage, j’avais plus de figurines (et le Dominant (2) de la majorité de mon armée) et un meilleur tir (et les miroirs), il ne pouvait rien arriver d’affreux, n’est-ce pas ?
C’est donc tout naturellement qu’à la fin du Tour 1, la partie fut pliée. Ce qui suit n’enlève rien aux qualités de mon adversaire, qui a joué très juste tout du long et mérite amplement sa victoire, mais de mon côté, aucune description ne pourrait mieux coller que « naufrage complet ».
Dès le départ, notre absence quasi-totale de jeu avec un déploiement Maelström à mon adversaire et moi-même me coûte très cher. Il sort en premier, mais Dain fait un 1. Ne sachant pas qu’il peut utiliser de la Puissance sur ce jet, mon adversaire laisse son Général sur le banc en maugréant (mais nous verrons qu’il s’agissait en fait d’un parfait coup de maître). Legolas entre sur un bord avec un 4, puis c’est mon tour.
Je fais 4 avec Durin, et déjà, je n’ose pas aller affronter Legolas (pourquoi?) pour aller me positionner à l’autre bout de la carte, ce qui est sans doute une première erreur. Ensuite, je fais 2 avec mon Roi Nain, et décide de ne pas utiliser de Puissance, laissant mon adversaire le coller à la fois proche de Durin mais pas trop, dans un coin où il lui faudra plusieurs tours pour servir à quoi que ce soit, seconde erreur.
Ensuite vient le placement des miroirs, que je positionne évidemment n’importe comment, laissant un couloir central entre leurs deux zones d’effet, question d’être sûr de ne pas profiter de mon avantage au tir, troisième erreur. Et la partie n’a pas commencé !
Bon, ok, tout ça ne paraît pas fou, même si je ne m’en rends pas vraiment compte sur le coup, mais au final, rien de vraiment insurmontable non plus, il y a 1h45 pour faire mieux…ou pas.
Tour 1, mon adversaire me laisse me déplacer en premier, et je mets le dernier clou dans le cercueil de cette partie : j’oublie complètement la troupe de Dain sur la touche, j’expose bien joliment Durin, et mon adversaire avisé ne rate pas sa chance. Avec un beau 4, il vient se placer juste derrière un Durin trop isolé, je perds évidemment la main neutre des Élans de nos Généraux au Tour 2, et voilà, merci bonsoir !
Durin résiste vaillamment pendant 3 ou 4 tours (peut-être 5) aux assauts de Dain et de ses guerriers des Monts de Fer, tuant son cochon, réussissant finalement à ne plus être au corps-à-corps avec lui, mais les Khazad sans le Costaud ne parviennent pas à traverser le rideau de fer qui leur tient tête tour après tour (un guerrier va repousser de son bouclier 3 tours d’encerclement et ne sera jamais abattu, quel Nain!), jusqu’à ce que mon Général succombe après un excellent Combat héroïque de Dain.
Grâce au Roi Nain qui détient finalement un Sanctuaire seul et au Dominant (2) de quelques Nains qui permet d’en contester deux autres, la Défaite n’est que Mineure, mais la perte de Durin dès cette première partie picote : 4 – 8.
Ronde 1 vs Neow (Convergence)
Ce résumé va être bien plus court, car il n’y a pas mille façons de décrire une belle fessée ! Déjà, je trouvais la liste adverse plutôt impressionnante : Hommes de l’Ouest avec Elessar et une compagnie de boîtes de conserve, plus Gwaihir et un Aigle, tellement de mobilité et de dangerosité ! Et mon adversaire ne semblait pas en être à ses premières passes d’armes en compétition.
Heureusement, Neow est super chouette ! Après avoir gentiment souligné mon erreur de ne pas bannir ce scénario (j’avais enlevé Brouillard de Guerre, qui me paraissait dur à aller chercher face à sa liste, mais c’est sans doute parce que je ne savais pas à quoi m’attendre avec Convergence), il s’est montré très souple dans la gestion des combats, avec par exemple un moment où j’allais laisser Gwaihir faire un combat avant d’avoir fini les autres dans la zone, où il m’a sympathiquement conseillé de faire ce combat en dernier, vous comprenez pourquoi…
Bref, la Troupe de Durin n’a littéralement servi à rien, juste récupérer un objectif et atteindre la zone centrale au dernier Tour, tandis que celle du Roi Nain s’est faite joyeusement démolir par un combiné Elessar/Aigles, sans même essayer d’aller empêcher l’entrée adverse dans la zone du centre, c’est donc une Défaite Majeure 3 – 11.
Bilan Phase 1 : il ne faut pas se voiler la face, c’était une entrée dans le monde compétitif assez catastrophique. Peut-être que les choses n’auraient pas été différentes sans, mais il fut assez frustrant de faire autant d’erreurs, surtout avant même que les parties ne soient réellement lancées, et sur certains éléments que j’avais souligné dans mon article précédent, espérons que les leçons douloureusement reçues seront retenues.
Ronde 3 vs Mithrandir (Assassinat)
Pour ce tour-ci, je trouvais la liste adverse bien fun : Armée du Grand Œil avec le Maréchal Noir, Kardûsh, Arachnée, une baliste et des Numénoréens Noirs. Je n’ai jamais autant raté de jets de Bravoure avec Khazad-dûm que sur cette partie !
Sur ce scénario, j’avais quelques avantages, et un problème potentiel. D’un côté, je savais qui serait sa cible puisqu’il n’avait pas le choix, la partie se passait Au Cœur de la Nuit et il avait deux héros assez facilement tuables (Kardûsh et le Vétéran de la baliste). Mais de l’autre, comment allais-je atteindre ma cible ? Aucun des deux ne se baladerait tranquillement en première ligne.
Finalement, mon choix se porta sur Kardûsh. Au moment du déploiement, c’est plutôt mon adversaire qui fauta cette fois-ci. Il sortit son Général en premier sur le ligne médiane, je mis en opposition mais à distance mon Roi Nain, puis il plaça la troupe de Kardûsh à mi-table également, mais éloignée du Maréchal, je pus donc mettre Durin en face, et il finit par Arachnée derrière les troupes du Nazgul.
Sauf que ses troupes étaient entre deux murs infranchissables du décor, j’ai donc placé un miroir pile dans leur passage, sans doute une erreur ou un oubli de mon adversaire. Tout comme le fait de placer la troupe de Kardûsh à la fois sur la ligne centrale, mais aussi éloignée d’autres troupes, même si évidemment, le Lanceur de Feu n’est pas en première ligne.
Il y a donc deux parties distinctes, avec d’un côté Arachnée et la troupe du Maréchal Noir qui essaient de bouffer mon Roi, tandis que de l’autre côté, Durin tente de décapiter Kardûsh. Grâce à un Combat héroïque bien placé, Durin y parviendra dès son contact au corps-à-corps, avant de décimer le reste de la troupe pour la Démoralisation.
Sur l’autre flanc, les Nains font le maximum pour empêcher Arachnée de s’approcher du Roi Nain, mais les jets de Bravoure ratés gênent leurs mouvements. Heureusement, sans doute par peur de perdre son cheval ou de prendre une blessure aléatoire, le Maréchal reste assez loin de la mêlée et sa magie n’a que peu d’impact sur la partie, tout comme la baliste d’ailleurs. Au dernier tour, la monstrueuse arachnide réussit finalement à venir au combat contre le Roi Nain, qui prend trois blessures mais parvient à en sauver deux grâce à ses points de Destin.
Le score final de 14 – 7 ne reflète pas à quel point tout aurait pu basculer sur ce dernier Tour. Si mon Roi Nain s’était fait manger, nous aurions fini sur une égalité 13 – 13. C’était donc une erreur de ma part de laisser le Roi Nain aussi proche des combats aussi longtemps, alors qu’il aurait pu prendre la poudre d’escampette bien plus tôt.
Ronde 4 vs ProphecyIV (Cache aux Trésors)
Pour la première fois, j’affronte la liste des Béornides, avec les deux Ours à gérer. Il n’y a pas tant à dire sur cette partie. Nous récupérons chacun rapidement nos objectifs, j’essaie de profiter de mon nombre pour que quelques Nains atteignent les 12″ du bord adverse tandis qu’il essaie surtout de tuer Durin pour faire la différence, nous nous affrontons à mi-table sur deux fronts séparés.
Un premier point notable survient quand Durin n’arrive pas à sauter sur une terrasse grâce à un magnifique 1, que rétrospectivement, j’aurais dû améliorer avec de la Puissance. Il se retrouve donc vite au combat contre Beorn alors qu’il aurait pu être à l’abri. Heureusement, il survit à une première charge grâce à sa Couronne et gagne même le combat suivant grâce à une Frappe. Beorn prend 4 coups (merci les Khazad à deux mains) mais ne subit aucune blessure grâce à deux 6 et à deux Points de Destin réussis, solide une peau d’Ours.
C’est encore une fois au dernier tour que tout peut basculer, et je vais généreusement offrir la victoire à mon adversaire. Au tour précédent, j’ai réussi à atteindre les 12″ du bord adverse avec trois figurines, dont une Dominant (2). Elles sont D7, je ne crains pas tellement de les voir tomber face aux 3 archers de mon adversaire. A ce moment, je suis donc en tête niveau Points de Victoire, à 8 – 7. Mais j’oublie complètement cette donnée.
Alors que je gagne le duel d’Élans héroïques, au lieu de mettre tranquillement Durin à l’abri, emporté par les 4 coups portés précédemment et un Beorn qui n’a plus de Puissance, je décide stupidement de le charger avec Durin (et des Khazad) pour essayer de gratter des PV de blessure de Général (et plus si affinité). Et ce qui devait arriver arriva, je perds le combat, Durin se fait ouvrir, et en plus il portait un objectif.
C’est donc sur une défaite mineure 6 – 9 que se termine une partie autrement plutôt correctement gérée, qui aurait dû être mienne. Même mon adversaire n’en revient pas de mon erreur finale !
Bilan Phase 2 : Il y a du mieux, mais il faut progresser dans le maintien de la concentration jusqu’au bout, et ne pas perdre de vue les objectifs.
Ronde 6 vs Frodo Baggins (Domination)
Peu avant cette partie, j’avais lu un article sur Umbar (https://mindsofmoriamesbg.blogspot.com/2026/03/in-mind-best-army-in-game.html), j’étais donc sur mes gardes pour ne pas sous-estimer la liste adverse de la Flotte Corsaire, avec Dalamyr, un Bo’sun et un Capitaine, 10 Arbalétriers, 13 armes de jet et une Baliste, ainsi que 12 Reavers.
Alors certes, la carte Raven Hill, avec un monticule en son centre et des ruines un peu partout, n’était pas particulièrement favorable pour la baliste adverse, mais le match-up pour ce scénario ne me paraissait pas particulièrement favorable pour autant. Je pensais en effet que mon adversaire allait profiter de sa mobilité, de son nombre et de son tir supérieurs pour jouer au chat et à la souris toute la partie, et me canarder au passage.
Mais il n’en fut rien, et ce fut heureux pour moi. Après avoir placé sa baliste au pied de la colline, à un niveau central, mon adversaire plaça sa troupe avec Reavers en premier sur l’objectif central, je pus donc dès le départ y opposer Durin et ses Khazad. En effet, ceux-ci avaient l’avantage de la valeur de Combat et auraient toujours 2 attaques face aux 2 attaques des Reavers.
Puis il mit son Capitaine et ses Arbalétriers sur la ligne centrale également, quelque part à droite de sa première troupe. Surpris de ce choix, mais ravi aussi, et ayant peu d’options de mon côté de toute façon, j’y opposai mon Roi Nain. Pour finir, il plaça Dalamyr entre ses deux troupes, sur la ligne centrale aussi, alors que je le voyais plutôt aller contourner mes forces par la gauche. Je plaçai mes miroirs vers le centre, de façon à couvrir autant que possible mes deux troupes et ainsi gêner au maximum ses armes de jet.
Avec peu de subtilité, nous nous lançâmes donc directement au combat, avec seulement quelques figurines de chaque côté qui partirent occuper les objectifs dans nos zones de déploiement. Et là, il faut avouer que la létalité de Khazad-dûm au corps-à-corps n’a pas déçu. Dès le Tour 1, avec un bon Combat héroïque, Durin décapite le Bo’sun qui avait encore son Point de Puissance, mes barbus tuent au moins 8 Corsaires, tandis que Dalamyr bute sur un Khazad.
Les miroirs vont vraiment empêcher un certain nombre de tirs réussis, mais le beau rôle revient au Roi Nain, qui réussit à tuer en un Tour le Capitaine Corsaire alors qu’il lui restait un Point de Puissance, avant d’aller encercler Dalamyr, qui résiste 2 Tours grâce à des Défenses héroïques, mais finit par tomber au 3e. Niveau zones finales, j’en contrôle 3 seul et j’en dispute 1 à mon adversaire.
C’est donc ma première Victoire Majeure, 16 – 3. Après discussion avec mon adversaire, il s’avère qu’il avait essayé de jouer plutôt fond de table en début de tournoi, avec peu de réussite d’après ses dires, il a donc voulu tenter de jouer autrement, ce qui est parfaitement compréhensible.
Toutefois, je pense vraiment que la partie aurait été complètement différente s’il avait établi un gros barrage de tir proche de ses deux objectifs pour mettre à mal la zone centrale, couplé à des tentatives de débordement, en essayant de minimiser les corps-à-corps grâce à son déplacement de 6″.
Ronde 5 vs Altef_IV (Attaque de Campement)
Encore une liste sympathique, mon adversaire joue Carn Dum, avec Aldrac, 2 Trolls des Collines, et des Orques d’Angmar principalement. Le scénario ne me favorise pas spécialement, mais n’est pas horrible non plus. J’ai assez de nombre pour couvrir au maximum les tentatives de débordement et assez de tir pour que l’adversaire ne s’approche pas de mon campement à découvert.
Sans surprise, nous bataillons toute la partie au centre de la table. L’un de ses Wargs essaie de s’approcher de mon campement, tandis qu’un des mes Khazad tente une percée, mais aucun des deux ne parvient à ses fins. Mon adversaire protège à fond Aldrac, et tente de blesser Durin avec l’un de ses Trolls, je joue plutôt la Démoralisation.
Il y a une alerte pour Durin, un Tour où il est au sol suite à un Projeter et chargé par le Troll, mais il gagne son combat grâce à une Frappe héroïque, se redresse de toute sa taille, et ne se frotte plus à la bête par la suite. Les Orques tombent avec une bonne régularité. Lorsque le dernier Tour commence, il m’en reste 7 à tuer pour atteindre la Démoralisation. Et c’est là qu’un petit manque de lucidité m’a à nouveau possiblement coûté la partie.
Pour ce Tour, mon adversaire qui a la Priorité décide de lancer une retraite générale, ce qui n’est pas bête du tout. Mon Khazad parti à l’assaut du campement ennemi se fait alors charger par Aldrac et pas mal d’Orques. Mon adversaire a environ 6 dés, et il reste 1 Point de Puissance à Aldrac, qui a déclaré un Combat héroïque. Mais il ne fait pas de 6, et Aldrac n’a qu’un 4 maximum. Sans besoin de sa relance, mon magnifique Khazad fait son 6. Nous n’en revenons pas avec mon adversaire, au point que j’oublie de taper sur quelqu’un…
Nous finissons tous les combats, j’ai fait 6 morts ce Tour. Nous terminons donc la partie sur une Égalité, 0 – 0. Après 10 minutes de discussion, je me rends compte de mon erreur. Je vérifie dans l’historique des lancers de dés : je n’ai bel et bien pas tenté de blesser suite au gain du combat de cet incroyable Khazad ! Il aurait pu essayer de blesser Aldrac (qui n’a qu’1 Point de Destin) sur du 5+ ou plus simplement tuer un lancier D4 sur du 4+ (avec relance des 1), mais non, et je passe à un mort de Démoraliser mon adversaire, et de la victoire !
Avec le recul, nous n’y avons pas pensé pendant le débriefing, mais je pense que mon adversaire aurait sans doute dû utiliser des Refouler avec ses 2 Trolls toute la partie, pour forcer ma ligne à reculer et mettre plus sous pression mon campement, des occasions de déborder sans être sous le feu des 10 archers Nains auraient sans doute été rendues possibles de cette façon.
Bilan final : je finis 15e sur 30, ce qui n’est finalement pas si mal pour un premier tournoi, avec 2 Victoires, 1 Nul et 3 Défaites. Même s’il est dommage que 2 de mes défaites soient complètement de ma faute, j’espère avoir ainsi d’autant mieux appris. J’ai pris beaucoup de plaisir sur toutes les parties et je remercie chaleureusement mes adversaires, tous plus cools les uns que les autres, j’ai hâte de vous rejouer à l’occasion !
Conclusion – De la théorie à la pratique
Primo, TTS. Peut-être est-ce mon manque d’habitude de la 3D, mais contrairement à une partie sur table, où nous avons toujours naturellement une vue d’ensemble et des points de vue différents en nous déplaçant alentour, il peut arriver dans la concentration de la partie de rester trop impliqué sur des zones de la carte, effet amplifié par le jeu derrière un écran. Aussi, si vous voulez jouer sur TTS (ce que je vous enjoins vivement à faire!), pensez à changer régulièrement vos angles de vue et distance d’affichage.
Deuxio, Khazad-dûm. Je ne trouve rien à redire par rapport à mon article précédent. C’est vraiment une armée exigeante, où les erreurs sont tout de suite coûteuses, et le passage de la théorie à la pratique n’est pas indolore, comme vous avez pu le constater. Mais j’ai pris énormément de plaisir à apprendre à mieux la jouer, notamment sur des petites choses auxquelles je ne pensais pas forcément, comme un bon placement des miroirs. Elle n’a pas forcément tous les atouts pour l’emporter haut la main dans tous les scénarios, mais elle a définitivement tout ce qu’il faut pour être compétitive, jouer la victoire, et à minima bien embêter l’adversaire, parfait pour des Nains opiniâtres.
Tertio, ma liste. Je ne sais pas si prendre Durin à ce format était la meilleure idée, mais il est vraiment solide. Sans mes erreurs, il n’aurait sans doute jamais mordu la poussière du tournoi. Et dès qu’il combat de la troupaille, il dégomme très rapidement tout ce qu’il a sous la hache. A lui tout seul, il a fait la moitié des kills sur ma dernière partie ! Mais le choix du Roi Nain n’était peut-être pas le meilleur, 2 Capitaines auraient sans doute permis plus de flexibilité, pour 3 troupes plutôt que 2. En revanche, sur aucune partie mon armée n’a été proche de la Démoralisation, je pense donc que passer les Khazad en Hearthguard vaut le coup. L’armée serait à 30 plutôt que 32, mais comme le pire fut une dizaine de Nains morts, ce n’est pas si grave, alors que du +1 pour blesser est toujours bon à prendre.
Pour finir, les parties compétitives. Je me permets de souligner ici quelques points qui m’ont surpris et/ou me paraissent essentiels pour toute personne qui débute (ou pas) en tournoi.
1) Les objectifs.
J’ai beau avoir lu ce conseil partout, je me suis tout de même largement fait surprendre à complètement oublier les objectifs pour gagner, notamment vers la fin de la partie, après au moins 2h de concentration. Relire le scénario est donc réellement utile, plusieurs fois si besoin, avant, pendant, et peut-être même une dernière fois dans les 30 dernières minutes.
2) Le temps.
1h45 avant le dernier tour, c’est très court, aucune partie ne s’est terminée naturellement, le chrono les a toutes arrêtées. A 600 points, les parties m’ont paru tellement rapides, il n’y a pas tant de Tours joués, ce qui m’a vraiment surpris (et un peu handicapé) au début. Le facteur temps n’est pas si souvent souligné dans les conseils pour débutants, mais il est clairement à prendre en compte.
3) La concentration.
Lorsque l’on débute, que ce soit dans le jeu ou dans les parties compétitives, il y a mille éléments qui volent dans tous les sens sous votre crâne : les règles, les armées, les profils, le scénario, les stratégies possibles, etc. Au bout de 2h, la tête bouillonne et la fatigue est réelle, sans parler d’un possible effet « tunnel », où l’on oublie alors de prendre du recul pour de nouveau voir l’ensemble, notamment avec l’aspect TTS, comme évoqué précédemment. Aussi, prendre une grande bouffée d’oxygène, peut-être bouger un peu, en tout cas essayer de se remobiliser lorsque la fin de la partie approche ne peut pas faire de mal.
4) La Win.
C’est bête à dire, mais en partie compétitive, il ne faut pas hésiter à jouer la victoire. Et si les choses ne se passent pas aussi bien qu’espérées, rester dans la partie pour minimiser les pertes. C’est un point que j’ai trouvé assez frustrant, car si je joue à ce jeu et pas un autre, comme beaucoup de monde j’imagine, c’est que j’adore l’univers de Tolkien, et j’ai envie que chaque partie soit épique ! Si Durin doit tomber, je veux que ce soit pour avoir tenté un coup d’éclat, mais c’est sans doute rarement le mieux à faire. Il y a des moments pour l’audace, heureusement, mais il y a aussi de nombreux moments où votre bon gros héros guerrier doit mettre les voiles pour ne pas prendre une blessure stupide au dernier Tour.
Merci aux courageux qui ont tout lu, au plaisir de vous croiser sur TTS, et qui sait, peut-être sur un tournoi en chair et en os un jour !
« Que votre barbe pousse toujours plus longue. »


